extrait du règlement du lotissement : 9/11/1962
 
Article 2 -
Désignation de la propriété -
 
"Le présent projet de lotissement qui comprend 333 lots, fait partie d'un vaste domaine dénommée : LA CITE ROMAINE DE LA TOUR DE MARE.
La partie lotie est située dans le quartier de la Tour de Mare et est cadastrée : section C, numéros 142 à 155, 166 à 168, 203 à 205, pour une superficie de 72 hectares, 20 ares 60 centiares.
Elle se trouve à 1km500 de la ville de Fréjus qui comprend tous les services publics nécessaires (écoles communales et maternelles, administrations, etc...).
De plus, il est prévu dans le lotissement un centre commercial qui comprend tous les commerces utiles à la vie courante, plusieurs restaurants, une piscine, une salle de spectacles, etc...
 
Article 3 -
Origine de la propriété -
 
Ces terrains appartiennent :
- pour 61 ha 20a 40ca à la SCI de la Tour de Mare
- pour 5ha 92a 26 ca à la SCI du lac de Valescure
- pour 5ha 08a 10 ca à la SCI de la Basse Route d'Italie
 
Ces trois sociétés sont représentées par M. Martinon, banquier à Nice, 25 av. de la Victoire, qui régit l'organisation du lotissement. 
La naissance de ce quartier est liée au développement très important de l’habitat pavillonaire qui se fait à Fréjus dans la deuxième moitié du 20ème siècle. Il fut surtout un bel exemple de quartier à la fois résidentiel et de loisirs qui associa des équipements de tourisme/loisirs (hôtels, piscine, restaurants) à un lotissement de villa. C’était une ville dans la ville.
 
C’est monsieur Louis Martinon qui sera le promoteur de ce nouveau quartier : en 1955 la préfecture valide le cahier des charges de « la cité romaine de le Tour de Mare » comprenant 331 lots à bâtir sur une surface totale de 66 ha de terrains dans la pinède culminant à 70 m et longeant le vallon du Saint-Esprit. D’autres parcelles seront acquises par la suite, ce qui obligera à revoir et agrandir les plans du site. Plusieurs tranches d’aménagements se succèderont jusqu’en 1965.
 
Pour créer un véritable lieu de vie et de loisirs des travaux d’équipements sont mis en œuvre dès 1959 :
 
-un centre équestre installé au début du lotissement
 
-un centre commercial sur la route d’Italie
 
-une piscine
 
-deux restaurants pour les habitants et les amis de passage : « chez Berval » qui était le surnom d’un ancien chanteur et comédien qui s’était installé dans le quartier, c’est pourquoi de nombreuses vedettes parisiennes et artistes de l’époque s’arrêtaient à son restaurant.
 
-un petit train sur rail qui assure la liaison entre le restaurant et la gare située en face de la piscine : soit 3 kms !
 
Ici la voie publique occupe le tracé de ce  train touristique.
 
-un belvédère sur la partie culminante du quartier avec un escalier hélicoïdal : Il offrait un point de vue panoramique sur l’Estérel et sur Fréjus. Il faisait partie d’un restaurant devenu aujourd’hui une maison privée.
 
Mais le quartier se transforme aussi en véritable studio d’enregistrement : on y tourne des émissions, des clips musicaux avant l’heure.
 
La cité de la Tour de Mare s’est même auto-proclamée République Libre et un jumelage fut acté avec la République libre de Montmartre.
 
Malgré la mort de M. Martinon en 1965, de nouveaux promoteurs viendront et continueront à développer le quartier.
 
Ces anciennes infrastructures de loisirs sont aujourd’hui désaffectées mais restent des témoignages du succès de ce quartier et de son équipement touristique.
 
Aujourd’hui le quartier est toujours considéré comme l’un des plus agréables de la commune et comporte près de 2000 villas.
"Fréjus ville d’art et d’histoire", édité par l’office du tourisme (2004 )
 
"Jusqu’aux années 50, ce vallon couvert de maquis, traversé par la Voie Aurélienne,  appartenait en majorité à la famille Maro et possédait quelque part un four à cade, c’était le lieu dit : «  le Four des Maro ». Ce vallon intéressait peu les bâtisseurs qui misaient surtout sur un développement de Fréjus vers la mer, c’était donc un morceau de colline sans grand intérêt.
 
En 1951, Edmond Arrieu (1915-), architecte niçois y acquis quelques hectares en rémunération de travaux impayés sur un immeuble à Nice. Décidé à faire fructifier son avoir il créa une société immobilière qu’il dénomma « la SCI Four de Mare » et commença à lotir le vallon. Rapidement endetté, c’est sa banque qui récupéra la SCI et les terrains.
 
Le fils du banquier, un jeune loup fort dynamique, reprit l’affaire, racheta d’autres parcelles et fit de ce coin perdu un lieu de loisirs et de fêtes. En 1959, sur 600 hectares, un concept nouveau voyait le jour sur la commune de Fréjus. Au milieu des lots privés, Louis Martinon Maurel, gérant de la SCI « Tour de Mare » fit construire un hôtel, une piscine, un centre commercial, deux restaurants guinguettes, un belvédère sur le point le plus haut et deux chapelles, l’ensemble relié par un petit train touristique à vapeur et ces deux gares.
 
Tout au long de l’année les animations se succédaient et attiraient une grande foule : certains parlent encore des mémorables fêtes de la bière au restaurant du Belvédère… demandez au Capitaine !
 
Festivals, concours de chant, rencontres sportives et expositions artistiques se succédaient de semaines en semaines. De nombreux artistes fréquentaient assidument les lieux, Cocteau et ses amis avaient table ouverte au restaurant du Belvédère, une antenne de France Inter y fut même installée.
 
Mais un matin de mars 1965, le jeune gérant, Louis Martinon-Maurel, fut retrouvé mort dans sa voiture à demi immergée dans le petit lac de l’écrêteur Saint Esprit, suicide, crime ou accident ? Le mystère demeure mais sa disparition fit capoter l’affaire, personne ne reprit la gérance de la SCI « Tour de Mare » qui déposa le bilan. Piscine, restaurants et petit train stoppèrent. Il s’en suivit de nombreux procès et le quartier se rendormit, dans la rancœur, boudé à nouveau par les fréjusiens.
 
Dans les années 80, de nouveaux lotissements virent le jour. Piscine, restaurants, gares et petit train disparurent alors définitivement et le Belvédère se retrouva dans un jardin privé. Actuellement seules les deux chapelles signées Cocteau demeurent ; sages témoins de cette folle aventure.
 
Infos extraites de : Fréjus ville d’art et d’histoire, édité par l’office du tourisme en 2004